06/01/1972

698, Kahina reine berbère vainct l'armée omeyyade en Afrique du Nord

 Au début de la conquête musulmane du Maghreb, l'unité politique et administrative du Maghreb centrale (actuelle Algérie) est en grande partie réalisée par Koceïla. Ce chef berbère prend la tête de la résistance, de 680 à 688. Il s'oppose aux armées arabes, particulièrement au général Oqba Ibn Nafi, qu'il prend en embuscade et exécute à Tahouda en 683[9]. D'après l'historien arabe Ibn Khaldoun (xive siècle), l'exécution d'Oqba ibn Nafi aurait été commanditée par Kahina[10]. À la suite de cette défaite, les Omeyyades sont expulsés de Kairouan, qui est prise par Koceïla[11]. Il gouverne alors une grande partie du Maghreb[12]. Mais cela dure peu, il meurt en 688, près de Timgad, lors de bataille de Mammès, face aux renforts du calife dirigés par Zoheïr ibn Qais[13].

À Constantinople, à Constantin IV (668-685) succède Justinien II (685-695, puis 705-711). 

À Damas, les califes se succèdent, on passe de la branche soufyanide à la branche marwanide : Muʿawiya II (683-684), Marwan Ier (684-685), Abd Al-Malik (685-705). Le gouverneur de l'Ifriqiya (Maghreb oriental) est désormais Hassan Ibn Numan, au moins de 692 à sa mort, vers 700.

Dihya succède à Koceïla comme chef de guerre des tribus berbères vers 688, contre les armées omeyyades[22]. Nombre de sources arabes, dont plusieurs des plus anciennes, établissent un lien explicite entre Koceïla et la Kahina[7]. D'après l'historien al-Waqidi, Kahina se serait soulevée contre les Omeyyades, « par suite de l’indignation qu’elle ressentit de la mort de Koceila »[7].

En 698, le gouverneur et général omeyyade Hassan Ibn Numan quitte l'Égypte, et prend Carthage, et d'autres villes (voir la conquête musulmane du Maghreb). 

À Kairouan, Hassan s'informe de savoir qui est le roi le plus puissant de l'Ifriqiya, on lui dit qu'il s'agit de Kahina, une femme « qui régnait sur les Berbères et les Byzantins ». Il est donc allé à sa rencontre.

Kahina, ayant eu vent de ses intentions, marche sur la cité de Baghaï, croyant que Hassan pourrait l'utiliser comme une base, et la détruit. Hassan se dirige alors vers l'oued Nini (selon d'autres auteurs, à l'oued Meskiana), et s'arrête le long de la rivière pour procurer de l'eau à son armée. Kahina s'arrête le long de la même rivière avec son armée.

Les armées berbères et arabes passent la nuit à s'observer. Dans la vallée déserte et asséchée, Dihya dissimule son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d'Hassan. Le matin, lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères.

  La cavalerie berbère qui se tient en embuscade surgit et massacre les forces arabes. Une fois les Arabes battus, les berbères les poursuivent jusqu'à Gabès[23]

Cette victoire, appelée bataille des chameaux, permet d'expulser les Omeyyades de l'Ifriqyia. 

Ceux ci se réfugient en Cyrénaïque pendant près de 4 ou 5 années. Les historiens musulmans surnomment le lieu de la bataille « Nahr Al Bala » (littéralement, la « rivière des épreuves »)[24]. Les Berbères font un grand nombre de prisonniers, Kahina leur rend la liberté, à l'exception d'un neveu de Hassan, nommé Khalid ibn Yazid[25].

Après plusieurs succès contre les envahisseurs musulmans, Dihya meurt au combat dans sa terre natale, les Aurès, en 703.

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