30/10/2025

1998. Condamnation de Maurice Papon, ancien secrétaire général de la Gironde

 En 1998, il est condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité concernant des actes d'arrestation et de séquestration, lors de l'organisation de la déportation des Juifs de la région bordelaise vers le camp de Drancy, d'où ils sont ensuite acheminés vers le centre d'extermination d'Auschwitz, commis quand il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, entre 1942 et 1944, sous l'occupation de la France par les forces armées du Troisième Reich

Cependant, le tribunal estimant qu'il n'existait pas de preuve que Papon avait connaissance de l'extermination des Juifs à l'époque des faits, il est acquitté pour toutes les charges de « complicité d'assassinat » et des « tentatives de complicité d'assassinat ».

Préfet de police de Paris à partir de , il porte aussi la responsabilité du massacre du 17 octobre 1961, au cours duquel une centaine d'Algériens (les estimations varient de 48 à près de 200) furent tués par les forces de police lors d'une marche organisée par le Front de libération nationale (FLN)

Quelques mois plus tard, le , il ordonne une nouvelle répression meurtrière lors d'une manifestation anti-OAS organisée par plusieurs syndicats et le Parti communiste français (PCF), causant la mort de neuf personnes à la station de métro Charonne, un événement qui reste dans l'histoire sous le nom d'affaire de la station de métro Charonne.


Mis en liberté au début de son procès[118], Maurice Papon s'enfuit en Suisse, avec l'aide d'Hubert de Beaufort[119] en à la veille de l'examen de son pourvoi en cassation. Ne s'étant pas mis en état (constitué prisonnier avant l'examen de son pourvoi), il est déchu de son pourvoi[120],[79]. Arrêté au bout de 48 heures dans un hôtel suisse et aussitôt expulsé du territoire en vertu de l'article 70 de la Constitution[121], Maurice Papon est finalement emprisonné à la prison de Fresnes, puis à celle de la Santé, d'où il sort le [79], après trois années de détention, ses avocats ayant obtenu, après avoir essuyé en , et , trois refus de grâce médicale, ce dernier après que Serge Klarsfeld a fait savoir publiquement son opposition[122]. Il est libéré sur la base d'une expertise médicale concluant à l'incompatibilité de son état de santé avec la détention, à la suite de la « loi Kouchner », nouvellement votée. Maurice Papon rejoint alors sa maison familiale de Gretz-Armainvilliers en Seine-et-Marne.

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