15/09/1980

septembre 1980. L'Irak envahit l'Iran

La guerre Iran-Irak, connue en Iran sous le nom de guerre imposée (en persan : جنگ تحمیلیJang-e-tahmili) ou Défense sacrée (en persan : دفاع مقدسDefā'e moghaddas) et en Irak sous le nom de Qādisiyyah de Saddam (en arabe : قادسيّة صدّام) a opposé l'Iran à l'Irak entre le , date de l'invasion irakienne de l'Iran, et le 


La guerre s'inscrit dans la lignée des multiples dissensions liées aux litiges frontaliers opposant les deux pays.
Le gouvernement sunnite irakien de Saddam Hussein craint que L'Iran de Khomeiny n'attise les desseins révolutionnaires de la majorité chiite irakienne longuement réprimée
Le conflit s'explique également par la volonté de l'Irak de remplacer l'Iran en tant que puissance dominante du golfe Persique.

Espérant tirer profit de l'instabilité politique due à l'installation de la république islamique en Iran, l'Irak attaque sans avertissement formel en bombardant des bases aériennes iraniennes le , pénétrant sur le territoire iranien deux jours plus tard.

 Malgré l'effet de surprise, l'invasion irakienne ne connaît pas le succès escompté. Elle ne réalise que des gains territoriaux très limités, et est rapidement repoussée par une série de contre-attaques iraniennes. 

En , l'Iran parvient à regagner le territoire perdu après l'attaque irakienne, et adopte une posture offensive pour le reste du conflit. 
Les deux pays comptent sur leurs revenus pétroliers pour subvenir à leurs besoins militaires, induisant une forte augmentation des exportations de barils, directement liée au conflit.

La guerre Iran-Irak a souvent été comparée à la Première Guerre mondiale du fait de la nature des tactiques militaires employées par les deux camps. Le conflit se caractérise par une forme de guerre de tranchées, du fait des grandes armées dont disposaient les deux belligérants, contrastant avec le peu de blindés, d'aviation, et d'aptitude pour des opérations combinées. La guerre voit ainsi l'utilisation de fils barbelés s'étendant le long des tranchées, de postes de mitrailleuse, de charges à la baïonnette, ainsi que d'attaques par vagues humaines, tactiques militaires induisant un nombre considérable de pertes pour les armées des deux camps. Le conflit se démarque également par l'utilisation intensive d'armes chimiques par l'Irak, et par de multiples attaques visant les populations civiles.

L'Irak reçoit le soutien d'une grande partie de la communauté internationale, notamment des soviétiques, ainsi que de nombreux pays occidentaux et arabes

La France, par exemple, fut le deuxième fournisseur d'armes de l'Irak, formant des pilotes, permettant aux Irakiens d'utiliser la base d'aéronautique navale de Landivisiau[45] (pour la formation de pilotes) et l'aéroport de Châteauroux-Déols[46] (pour l'exportation d'armes vers l'Irak) et prêtant même cinq Dassault Super-Étendard[47] (lors de l'opération Sugar) de sa marine en attendant que les Mirage F1 commandés soient livrés, et fournit secrètement à l'Iran environ 450 000 obus d'artillerie de 155 et 203 mm de la société Luchaire entre 1982 et 1986[48] ainsi que des pièces détachées pour des missiles sol-air Hawk[49].

L'Arabie saoudite, le Koweït et les autres monarchies de la péninsule Arabique ont largement financé l'effort de guerre irakien, par crainte d'une contagion révolutionnaire vers leurs propres populations chiites. L'Arabie saoudite a ainsi déboursé entre 1980 et 1988 près de 25 milliards de dollars pour financer l'armée irakienne[51].

Le contentieux des dettes de guerre, dues par l'Irak, a d'ailleurs été une des causes de l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990.

La Syrie, au contraire, a tenté d'affaiblir l'Irak en coupant l'oléoduc reliant Kirkouk au port syrien de Baniyas. Les exportations irakiennes de pétrole auraient été ruinées sans l'ouverture d'une nouvelle ligne par la Turquie. L'Égypte a aidé indirectement l'Irak en lui fournissant deux millions de travailleurs pour remplacer ses hommes mobilisés et a collaboré activement dans le développement de matériel militaire.

Israël, ancien allié de l'Iran du chah, avait des raisons de redouter le panislamisme de la République iranienne et le panarabisme de l'Irak. Selon Ronen Bergman, Israël avait vendu à l'Iran pour 75 millions de dollars en 1981 avec pour objectif de rétablir l'influence depuis la défaite du chah en 1979[52]. Et à plus de 100 millions selon John Bulloch en 1983[53]L'État d'Israël fut également l'un des principaux fournisseurs d'armes des forces aériennes iraniennes[réf. nécessaire], livrant des BGM-71 « TOW » (versions terrestres et aériennes sur les AH-1J), des MIM-23 « Hawk » ainsi que des BL-755 (ces dernières étant déployées par les F-4E iraniens dans une grande partie des missions d'attaques), faisant des ventes d’armes la première recette d’exportation du pays[54].

Sa principale intervention militaire directe dans le conflit a été le bombardement du réacteur nucléaire irakien en construction Osirak en 1981 lors de l'opération Opéraattaque qui avait nécessité deux vols de reconnaissance préalable, le premier étant accompli par deux RF-4E iraniens, le second par un appareil israélien[

Selon l'analyse de Amnon Kapeliouk dans Le Monde diplomatique, le pays choisit de laisser se prolonger la guerre afin de voir deux ennemis s'affaiblir et détourner l’attention de l’opinion publique du problème palestinien. Il cite le quotidien Haaretz« Mieux vaut pour Israël que cette guerre continue le plus longtemps possible », pour illustrer l'opinion des dirigeants israéliens[54]. Selon l'analyse de Trita Parsi, Israël et l'Iran dépendaient l'un de l'autre face à l'opposition de l'Irak et de l'Union soviétique[55].

Bilan 

Pour l'historien Pierre Razoux, le nombre d'un million de morts est surévalué[5]. Selon lui le conflit aurait fait 680 000 morts, dont 480 000 Iraniens, 150 000 Irakiens et 50 000 Kurdes : 

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