16/01/1979

janvier 1979 IRAN Départ du Shah. République Islamique.



Les protestations de 1978 atteignent leur paroxysme en décembre, pendant le mois saint de Muharram, un des mois importants pour les musulmans chiites. Des manifestants sont tués chaque jour, et chaque jour les protestations prennent encore de l'ampleur. 
Le , plus de deux millions de personnes défilent dans les rues de Téhéran pour protester contre la politique du shah. De surcroît, des dissensions apparaissent au sein de l'armée, notamment de jeunes officiers qui répugnent à ordonner de tirer sur la foule. Le shah, affaibli par la maladie et abandonné par les grandes puissances étrangères, vit retranché dans le palais de Niavaran. Face au chaos qui ne cesse de s'accroître et contre l'avis des officiers de la SAVAK, le shah ordonne que l'armée cesse de tirer dans la foule.
Il joue alors sa dernière carte : la nomination de Shapour Bakhtiar au poste de Premier ministre.
Le 16 janvier 1979, parti en hélicoptère du Palais de Niavaran, le couple impérial arrive à l'aéroport militaire, où les attendent leurs derniers collaborateurs et officiers restés fidèles. L'avion doit s'envoler à destination de l'Égypte où le président Sadate attend les souverains déchus. Quelques semaines plus tard, le shah et l'impératrice Farah partent pour le Maroc, puis peu après pour le continent américain. L'errance se poursuit aux Bahamas, à Panama, au Mexique, dans un hôpital de New York et sur une base militaire du Texas. La présence du shah aux États-Unis sert de prétexte pour la prise d'otage de l'ambassade américaine de Téhéran. Réclamé par Téhéran pour être jugé (et probablement exécuté, comme la plupart de ses anciens collaborateurs) le shah est de nouveau accueilli par l'Égypte où il subit une nouvelle et ultime intervention chirurgicale. Il meurt peu après.
Khomeini retourne en Iran le 1er février 1979, à un moment où la Révolution est déjà bien en marche. Il y prend le pouvoir le 11 février 1979, en étant chef d'État, d'abord en tant que : « chef de la révolution en Iran », puis ensuite en tant que « chef spirituel suprême » au sein d'un gouvernement provisoire. La République islamique est acceptée par référendum les 30 et 31 mars. Puis par un second référendum une constitution est adoptée. Elle institue notamment un président et un parlement élus au suffrage universel direct pour quatre ans, mais elle consacre la domination du pouvoir religieux sur l'ensemble des institutions avec à sa tête le Guide de la révolution, fonction qu'occupe Khomeini. 

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