17/06/1972

1932 Formation de l'Arabie Seoudite

 Dans la nuit du 15 au , Abdelaziz ibn Saoud, souhaitant restaurer l'ancien État de son aïeul, s'empare de Riyad, alors occupée par la famille rivale Al Rachid, originaire de Haïl. En 1904, il s'empare de l'oasis de Buraydah, capitale de la région du Qasim, au nord du Nejd. Abdelaziz fonde vers 1912, avec l'appui des bédouins du Nejd, l'ordre des Ikhwâns (« frères ») qui lui permet d'agrandir son domaine[23]. Les Ikhwâns sont progressivement installés dans environ deux cents camps (les hujjar). En 1913, Abdelaziz s'empare de la province d'Al-Hassa, dans l'est, dont la majorité de la population est chiite. Son poids politique est reconnu par les Ottomans en  lorsque ceux-ci le reconnaissent wali du Nejd.

Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Abdelaziz se rapproche graduellement des Britanniques. Un traité de protection est signé avec ces derniers en 1915.

Thomas Edward Lawrence (d'Arabie) 

En , sous couvert d’activités archéologiques, Woolley et Lawrence sont envoyés par l’armée britannique en mission de renseignement dans la péninsule du Sinaï. Lawrence visite notamment Aqaba et Pétra. De mars à mai, il retourne travailler à Karkemish. Après l’ouverture des hostilités en , sur le conseil de S. F. Newcombe (en), Lawrence décide de ne pas s’engager immédiatement. Il attend le mois d'octobre, car la Grande-Bretagne entend ne pas provoquer la Turquie. Elle attend que cette dernière entre dans le conflit.

Une fois engagé, Lawrence est nommé au Caire, où il travaille pour les services de renseignement militaire britanniques. Sa très bonne connaissance des Arabes en fait un agent de liaison idéal entre les Britanniques et les forces arabes. 

En , il est envoyé dans le désert afin de rendre compte de l’activité des mouvements nationalistes arabes

Durant la guerre, il combat avec les troupes arabes sous le commandement de Fayçal ibn Hussein, un fils d'Hussein ben Ali qui mène une guérilla contre les troupes de l’Empire ottoman[10]. La contribution principale de Lawrence à l’effort britannique consiste à convaincre les Arabes de coordonner leurs efforts afin d’aider les intérêts britanniques. Il les persuade notamment de consolider leurs positions sur les côtes du Hedjaz, à Rabigh et Yenbo, et de ne pas chasser tout de suite les Ottomans de Médine, forçant ainsi les Turcs à conserver de nombreuses troupes pour protéger la ville. Les Arabes harcèlent le chemin de fer du Hedjaz qui approvisionne Médine, mobilisant davantage de troupes ottomanes pour protéger et réparer la voie, empêchant ainsi l'ennemi de disposer de renforts contre les Anglais dans le Sinaï puis en Palestine.

En 1917, après la prise d'El-Ouedj, la route du nord s'ouvre à Fayçal et à ses hommes. Lawrence organise une action commune entre les troupes arabes et les forces de Auda Abu Tayi, chef des Howeitat, jusqu’alors acceptant les subsides des Ottomans, contre le port stratégique d’Aqaba, et ce, sans prendre l'avis de l'état-major anglais du Caire qui a déjà organisé une opération amphibie pour tenter de s'emparer de la place mais qui ne pouvait espérer la conserver si l'on ne prenait pas en même temps le contrôle de la voie menant d'Aqaba à Maan où stationnait une importante garnison ottomane. La nouveauté, ici, c'est que Lawrence n'a pas accepté de suivre la logique de Fayçal, qui préférait, comme Aouda, une opération combinée terre-mer, à l'exemple de ce qui s'était passé pour la prise d'El-Ouedj, et l'idée de Lawrence a été de ne venir que par l'intérieur des terres en parcourant plus de 1000 km pour arriver par le Nord d'Aqaba, ce qui a créé la surprise, et une surprise totale (les travaux de J. Wilson et F. Sarindar montrent que Lawrence a su trouver le moyen de convaincre Fayçal et Aouda). De fait, le , Aqaba tombe aux mains des Arabes.

Lawrence  ne soutenait pas le projet du chérif Hussein de La Mecque de créer un grand royaume arabe comprenant le Hedjaz, la Jordanie, l'Irak et la Syrie

Pour lui, chacun de ces États devait être limité à ses frontières propres : c'était l'intérêt des Britanniques de morceler le Moyen-Orient, même si, dans la logique de Lawrence, la Syrie devait acquérir une réelle indépendance. 

En , la colonne française du général Mariano Goybet, précédant le général Henri Joseph Eugène Gouraud, bat les troupes chérifiennes à la bataille de Khan Mayssaloun et chasse Fayçal de Damas. Cela brise l’espoir de Lawrence de libérer durablement la Syrie, même si lui-même au fond reconnaît plus tard que « …si nous gagnons la guerre, les promesses faites aux Arabes seraient un chiffon de papier… »[12], faisant allusion aux accords secrets Sykes-Picot.

Profitant de la dislocation de l'Empire ottoman et de la faiblesse des États arabes qui se constituent pendant le conflit mondial, 

Abdelaziz fait la conquête en 1924-1925 du Hedjaz, un État comprenant les villes saintes de La Mecque et de Médine, en s'en emparant il met fin à près d'un millénaire de chérifat hachémite, la lignée des descendants du grand-père du prophète. 

Il finit par se faire reconnaître roi du Hedjaz, en 1927.

L'État ainsi constitué est consolidé par Abdelaziz Al Saoud pour devenir un pays puissant et surtout acteur de la scène internationale. Cet arrêt des conquêtes le brouille avec ses alliés ikhwâns, qui voudraient poursuivre la conquête pour étendre les frontières à toute la communauté des croyants. L'appui des oulémas, essentiellement par une fatwa de 1927, profite à Abdelaziz : ils décrètent qu'il est interdit de se révolter contre le titulaire du pouvoir. Dès lors, il devient licite de faire la guerre contre les Ikhwâns, qui sont écrasés en 1929.

L'Arabie saoudite est fondée officiellement le  par la fusion du Nejd et du Hedjaz. Abdelaziz ibn Saoud (Ibn Saoud) en devient le roi. Les guerres ayant permis l'accession au pouvoir d'Ibn Saoud firent 500 000 morts entre 1901 et 1932[24].

La découverte de pétrole en  transforme le pays sur le plan économique et marque le début d'une alliance stratégique avec les États-Unis, concrétisée par le Pacte du Quincy. En échange d'un accès au pétrole, les États-Unis s'engagent à protéger militairement la dynastie des Saoud. Cette alliance se révèlera d'autant plus durable que le pays se présente comme un allié de poids face à la montée des nationalistes arabes dans les années 1950-1960 soutenus par l'Union soviétique[25].

Après cinquante ans de pouvoir, Adb al-Aziz meurt en 1953, lui succèdent ses fils — Saoud ben AbdelazizFayçal ben AbdelazizKhaled ben AbdelazizFahd ben AbdelazizAbdallah ben Abdelaziz et depuis 2015 le roi Salmane ben Abdelaziz.

En 1973, l'Arabie saoudite est le leader des pays pétroliers, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), et son ministre du Pétrole et des Ressources minérales Ahmed Zaki Yamani, diplômé d'Harvard, est la tête pensante du quadruplement du prix du pétrole qui fait soudain de l'Arabie saoudite une super-puissance financière.

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