19/06/1972

1918-1925 Création du Liban

À l'issue de la Première Guerre mondiale, le Mont-Liban et ses périphéries se trouvent dans la zone d'influence française, telle que définie par les accords alors secrets entre la France et le Royaume-Uni, dits accords Sykes-Picot du 16 mai 1916.

Un mouvement nationaliste arabe mobilise des intellectuels de Beyrouth et du Mont-Liban qui aspirent à l'indépendance de la Syrie, sous la direction d'un souverain arabe, 

tandis que d'autres, parmi lesquels les maronites sont majoritaires, pensent à un État libanais indépendant, protégé par ses liens privilégiés avec la France. Le 27 octobre 1919, le patriarche maronite Hoyek remet à l'assemblée générale de la conférence de la paix à Paris un memorandum réclamant l'indépendance du Liban dans ses frontières historiques et avec l'aide de la France. 

En mars 1920, un royaume arabe de Syrie est proclamé par les nationalistes arabes, réservant un statut d'autonomie au Mont-Liban, mais l'armée française met fin à cette tentative. 

Le 25 avril 1920, la conférence de San Remo, antécédent du traité de Sèvres, met officiellement fin à la souveraineté ottomane : la France obtient de la Société des Nations un mandat sur les régions syriennes du Levant. Après la bataille de Khan Mayssaloun (24 juillet 1920), les partisans du royaume arabe doivent quitter le pays qui passe sous l'autorité mandataire française.

Le , le gouverneur français Henri Gouraud, à la demande des maronites, proclame à Beyrouth l'État du Grand Liban et fixe ses frontières. Celles-ci incluent non seulement des populations maronites, mais des musulmans sunnites et chiites, des alaouites et des druzes. Les clivages rendaient improbable la naissance d'une entité politique libanaise unifiée, d'autant que chaque communauté gardait en mémoire sa version bien particulière de l'histoire, rarement en accord avec celle des autres.

La création de l'État du Grand Liban coïncide avec celle de la nationalité libanaise, légalement reconnue le  par l’arrêté n°2825 du haut-commissaire Maxime Weygand, pris en application du 

traité de Lausanne de 1923[38], qui déclare que « toute personne qui était un sujet turc [c'est-à-dire ottoman] et qui résidait dans les territoires du Liban le 30 août 1924 est confirmée comme sujet libanais et est désormais considérée comme ayant perdu la citoyenneté turque [c'est-à-dire ottomane] »[39].

Cette période voit la première vague d'apatrides libanais, certains groupes sont exclus de la nationalité libanaise, afin notamment de maintenir l'équilibre démographique et confessionnel du pays.

En 1925, le sud-est du Liban est touché par la révolte druze de Syrie. La base aérienne française de Rayak (Liban) contribue à l'écrasement de la révolte.

Le , le haut-commissaire Henry de Jouvenel promulgue la constitution qui crée les postes de président de la République et de chef du gouvernement. L'état du Grand-Liban devient officiellement une République, prend le nom de République libanaise.

La présence française va permettre d'étendre l'enseignement du français tant dans le privé que dans le public. Le français et l'arabe sont reconnus comme langues officielles (1926).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire